Pokemon, attrapons-les tous!

POURQUOI C'EST CULTE?
Pokémon (contraction de « Pocket Monsters ») est un anachronisme. Sorti en 1996 au Japon, il ne sera commercialisé en Europe que 3 ans plus tard, sur une Gameboy déjà mise à la retraite par bon nombre de joueurs. Comble de l’audace, le jeu est un JRPG old-school, avec tout ce que ça implique de combats aléatoires et de donjons tortueux… sortir un truc pareil en occident, avec ce timing, tenait largement du suicide commercial.

pokémon jaquette

Et pourtant, lorsque Pokémon Bleu/Rouge débarquent chez nous en 1999, c’est le raz-de-marée! Tous les enfants y jouent et les petits monstres deviennent vite omniprésents dans les cours de récrée. D'innombrables produits dérivés entretiennent le buzz : séries animées, films, cartes à jouer, mangas… tout est fait pour alimenter la « pokémania » et faire de cette nouvelle franchise la poule aux oeufs d’or de Nintendo. Au total, la firme Japonaise vendra 30 millions de cartouches de cette première génération, dont quasiment un tier en Europe.

pokémon première génération

Bien entendu, Pokémon est plus qu’une habile campagne marketing. Plus subtil que les RPG génériques en mode « sauver le monde des forces du mal », l’univers du jeu est à la fois riche, original et aussi attachant qu’un bon manga. Une des forces de ces premiers épisodes, c’est qu’on suit véritablement le parcours initiatique du héros : tout est à découvrir lorsqu’on lance la cartouche.

On comprend vite pourquoi notre salamèche se fait défoncer par carapuce, mais l’accumulation des règles rend le jeu bien plus technique qu’il n’y parait : 151 Pokémons de 15 types différents avec leurs forces/faiblesses, 165 attaques avec leurs caractéristiques propres, des bonus/malus… Le système de combat à lui tout seul pourrait faire l’objet d’une encyclopédie. L’apprentissage est long mais gratifiant car il fait autant appel au grinding d’XP qu’à la stratégie pure.

pokémon gameboy

Je peste souvent contre les JRPG et leurs combats aléatoires (quiconque a fait Skies Of Arcadia comprendra mon traumatisme), rien de plus frustrant que de se farcir encore et encore des affrontements gagnés d’avance parce qu’on tourne en rond depuis 1/2h dans a même grotte. Franchement, j'ignore qui a eu l'idée de cette mécanique de jeu, mais il y a vraiment des titres où c'est à se tailler les veines. Pokémon propose plusieurs ajustements pour rendre le système moins énervant :
  • Tout d’abord, les dresseurs sont visibles sur la carte, et peuvent donc être contournés. Pas systématiquement, mais c’est souvent possible.
  • En extérieur, les Pokémons sauvages n’apparaissent que dans les herbes ou dans l’eau. Il suffit de marcher hors de ses zones pour avancer sans être interrompu.
  • Dans certains environnements (grottes, donjons…), les combats sont 100% aléatoires, mais il est possible de les éviter en utilisant un objet nommé « repousse ». Simple et efficace!

pokémon gameboy

De même, les déplacements gagnent en souplesse au fil de l'aventure. Les compétences de nos Pokémons permettent par exemple de voler d'une ville à l'autre ou encore de quitter un donjon trop difficile pour revenir au centre de soin le plus proche. De bonnes idées vont de pair avec la montée en puissance de notre équipe.

Techniquement, on ne va pas se mentir, c’était déjà obsolète à l’époque et ça ne va pas en s’arrangeant. Les limitations de la Gameboy sautent aux yeux, en particulier lors des combats où la résolution bride sévèrement les sprites de nos bestioles. Les déplacements sur la carte sont heureusement bien plus lisibles et c’est toujours un plaisir de parcourir Kanto, que ce soit à pied, à bicyclette ou à dos de Lokhlass. Honnêtement, j’ai vu des jeux indés bien plus moches en 2017.

COMMENT Y JOUER EN 2017?
  • Pokémon Bleu, Rouge et Jaune sont disponibles sur 3DS via l’eshop Nintendo (9,99€ l’unité). 
  • Les cartouches se trouvent à la pelle sur le marché d'occasion, par contre les piles de sauvegarde de l'époque sont HS et doivent être changées (Les tutos ne manquent pas sur le net).

POTENTIEL DE REJOUABILITÉ : 7/10
Si vous êtes de ceux qui ont connus la « pokémania » et les échanges via câble link à la récrée, vous allez sans doute prendre votre pied à replonger en enfance. Et comme Pokémon est hautement contagieux, il y a de fortes chances que vous entrainiez vos proches avec vous.

Prévoyez tout de même du temps libre et quelques calmants : les donjons sont souvent laborieux et la fin du jeu réserve quelques belles crises de nerf avec le combo "route victoire + ligue Pokémon"! On reste dans des mécaniques assez old-school malgré l’image de jeu pour enfants.

Émulation Playstation sur Android, comment ça marche?

LES PRÉPARATIFS 
Première étape, direction le Google Play Store où vous avez le choix entre deux très bons émulateurs : ePSXe et FPSE. Ma préférence va au second car il a été développé spécifiquement pour Android, l’ergonomie est au top et c’est vraiment un bon investissement par rapport aux 2,79€ demandés.


Une fois FPSE installé sur votre appareil Android, il va vous falloir un BIOS. Il s’agit grosso modo du système d’exploitation de la Playstation, celui ci est « en principe » protégé mais vous n’aurez aucun mal à le trouver sur Google du fait de l'âge de la machine.

Là où les choses se complique, c’est que chaque zone géographique possède plusieurs BIOS différents, ne chargez pas n’importe quoi sous peine de vous retrouver avec un magnifique écran noir au lancement. Pour faire tourner les jeux européens, c’est le fichier scph7502.bin qu’il faut "googler".

Pour les jeux, support CD oblige, c’est un peu différent des roms 8/16 Bit. L'émulateur utilise des fichiers ISO/BIN pour monter les disques, là encore, pas de grosse difficulté à trouver ça sur internet. Le très bon site https://www.emuparadise.me permet même de dénicher les titres les plus obscurs de la Playstation dans leurs versions européennes. Une fois dézippé, le jeu se présente souvent sous la forme de plusieurs fichiers .bin ou .cue, c’est tout à fait normal. Pensez juste à conserver l’ensemble dans un dossier.

CONFIGURER FPSE 
FPSE est plutôt intelligent. Au premier lancement, il va charger lui même les derniers plugins audio/vidéo, puis faire un scan de votre appareil pour localiser les jeux ainsi que le BIOS. 

 
En cas de problème, utiliser le menu « charger le BIOS » pour indiquer où se trouver le fichier scph7502.bin à utiliser, le menu se transformera ensuite en « démarrer le BIOS », bien pratique pour vérifier si la console se lance. Si tout est en ordre, vous devriez tomber sur la page d'accueil carte mémoire/lecteur cd.


De la même façon, si aucun jeu n’apparait sur l’écran d’accueil, utilisez simplement le menu « charger un jeu » pour localiser le fichier. FPSE le créera un raccourci sur l’accueil après le premier lancement.

Mes réglages vidéo/audio en mode « tablette d’entrée de gamme » :
  • Limiteur de trames ON
  • Saut de trames OFF
  • Taille d’écran spécial ON
  • Synchronisation du processeur sonore ON


TACTILE OU BLUETOOTH?
Question épineuse, les manettes Bluetooth ont plutôt mauvaise presse à cause de la latence qu’elles entrainent. Si on peut sans problème tolérer un léger décalage sur un JRPG ou un jeu d'aventure, difficile d'imager finir Crash Bandicoot avec ce genre de matos. Investissez plutôt dans un câble USB on-the-go mâle/femelle et une bonne vieille manette Xbox 360 filaire, celle-ci est reconnue nativement par FPSE et offre une toute autre précision. Quant au tactile...n'y pensez même pas.

Resident Evil, retour au manoir Spencer

POURQUOI C’EST CULTE?
Resident Evil, c’est l’acte de naissance du survival-horror. Manoir hanté, zombies et flaques de sang à faire frémir une femme de ménage, en 1996 on tenait enfin un titre sans compromis qui assumait son statut de divertissement adulte. Avec son « déconseillé aux moins de 16 ans » bien voyant sur le boitier, c’était à la fois la hantise des parents et le fantasme ultime des ados de l’époque.


Booooon, autant annoncer la couleur : avec Resident Evil, on passe dans la catégorie des jeux qui ont très mal vieillis! Pourtant, dieu sait que j’ai pris mon pied dessus à l’époque, poussant le vice jusqu’à le finir dans des conditions délirantes pour débloquer ce foutu lance roquette aux munitions illimitées. Du pur masochisme!

Quand on y regarde de plus près, le jeu de Shinji Mikami n’a d’ailleurs pas inventé grand chose. Le moteur 2D/3D est identique à celui d’Alone In The Dark, sorti 4 années plus tôt. L’univers horrifique? Truffé d’emprunts à Romero et Hitchcock! Le manoir et ses puzzles mortels? Encore Alone In The Dark! Pour la créativité, on repassera. En 2015, Shinji Mikami avouera finalement s’être inspiré du jeu de Frédérick Raynal (Alone In The Dark, vous suivez?), mettant fin à une vingtaine d’années de déni.

resident evil 1

Côté scénario, c’est du grand n’importe quoi assumé. Une histoire de multinationale maléfique avec option «armes biologiques qui partent en couilles» digne de n’importe quelle série Z des 80’s. L’intro du jeu assume d’ailleurs totalement cette filiation avec des acteurs qui dégomment des monstres en latex avec des flingues en plastique pendant qu'un technicien balance de la sauce tomate sur tout ce bordel, DU GRAND ART!


On en vient au tour de force du jeu, car malgré toutes ces casseroles, il parvient à créer la peur! Les jump-scares sont efficaces et bien dosés, mais c’est surtout l’impression d’inconfort qui prend au tripes! Plus que la plupart des survival-horror qui suivront, Resident Evil est radin! Munition, herbes, sauvegardes… tout est rationné et le moindre petit écart peut complètement foutre en l'air une partie. Ajoutez à ça quelques monstres capables de vous « one-shot » par décapitation et vous avez une idée du calvaire qui s’annonce.

Niveau gameplay, pas de surprise : c’est rigide comme un cadavre. Le personnage se contrôle comme un tank, littéralement! On peut s’en accommoder face à des zombies qui se trainent à deux à l’heure, mais les choses tournent vite au cauchemar intégral face au reste du bestiaire. Heureusement que l’arsenal s’étoffe au fil de l’aventure : fusil, magnum, lance-grenades… autant de façon de faire péter des crânes dans la joie et la bonne humeur.

Conscient de l’âge avancé de sa poule aux oeufs d’or, Capcom en a réalisé un remake sur Game Cube. Les images parlent d'elles mêmes : les environnements sont à la limite du photoréalisme et les modèles 3D des personnages sont très détaillés. L’aventure est également plus longue, avec des passages inédits qui s’intègrent bien dans l’ensemble.

resident evil rebirth

COMMENT Y JOUER EN 2017?
  • Le Director’s Cut (non censuré) est disponible sur Psp, Ps Vita et PS3, mais uniquement en VO (9,99€).
  • Le très bon remake paru initialement sur Gamecube est disponible sur PC, Xbox One et Ps4. Il existe même une compilation physique « Resident Evil Origins Collection » qui rassemble le remake et sa préquelle (25€).
  • Comme toujours, l’émulation Playstation fonctionne très bien sur une grande variété de supports.

POTENTIEL DE REJOUABILITÉ : 6/10 pour l’original - 8/10 pour le remake
Difficile de conseiller l’original à une personne n’ayant pas connue l’ère Playstation. Certaines mécaniques faisaient déjà grincer des dents à l’époque, c’est encore plus vrai aujourd’hui. Tout n’est pas pour autant à jeter car le rythme lent et la sobriété de la réalisation aident à la mise en place de l’ambiance. C’est vraiment l’antithèse des épisodes 5 et 6 avec leur mise en scène épileptique.

Le remake est bien plus accessible mais ne dénature pas l’expérience original. C’est toujours retors et corsé, mais les contrôles sont plus réactifs et donnent enfin l’impression de se battre à armes égales. Un bonne occasion de dire : « je l’ai fait » sans avoir à s’arracher les cheveux.

Castlevania - Symphony Of The Night

POURQUOI C’EST CULTE?
Symphony Of The Night, c’est ma madeleine de Proust. Chaque année, même rituel : j'allume les bougies, ambiance solennelle et tamisée, puis je retourne le jeu dans tous les sens avant de botter le cul de Dracula. Voyons pourquoi ce titre est toujours aussi addictif, malgré ses 20 ans d'âge...

Symphony Of The Night Cover

On dit souvent que les jeux de la génération 32 bit vieillissement mal, c’est vrai qu’à quelques exceptions près, la 3D primitive de l’ère Playstation a pris un gros coup de vieux. Tomb Raider, Tekken ou encore Silent Hill… tous ces jeux étaient révolutionnaires dans les 90’s, à présent c’est un peu la foire aux gros polygones abstraits (cf. la poitrine de Lara Croft).

En comparaison, Castlevania - Symphony Of The Night s’en tire avec les honneurs. Les tableaux en 2D sont beaux et truffés de détails. Chaque zone possède une identité visuelle marquée, avec sa propre palette de couleurs et son bestiaire. Autant dire qu’on est à des années lumières du pixel art minimaliste qui gangrène la scène indé actuelle. Koji Igarashi a vraiment pensé son jeu comme une oeuvre d’art, sans pour autant mettre en retrait le gameplay. C’est beau, mais on s’amuse et il y a toujours quelque chose à faire!

Castlevania Symphony Of The Night

Attention, quand je dis qu’il y a du contenu, je ne parle pas de ramasser 36 000 drapeaux pour débloquer un trophé idiot façon Assassin’s Creed! Le château est vaste et regorge de secrets qui accompagnent la montée en puissance du héros. Familiers, magie, artefacts, nourriture, équipements… on collecte beaucoup de choses, mais sans jamais que ça ne paraisse vain ou artificiel. À titre d’exemple, la plupart des armes/boucliers ont des affinités élémentaires et des compétences propres, avec des pouvoirs à utiliser via des manips à la Street Fighter, quand je vous dis que le souci du détail est MALADIF!

Cet univers ne serait pas tout à fait complet sans les musiques intemporelles de Michiru Yamane. La compositrice japonaise n’est pas aussi populaire qu'un Akira Yamaoka (Silent Hill) ou un Nobuo Uematsu (Final Fantasy), mais il faut vraiment écouter cette B.O. pour réaliser l’ampleur du travail effectué. Baroque, classique, jazz manouche, metal… tous les genres y passent! Le pire c’est que ça marche, l’ensemble est parfaitement cohérent alors qu’il y aurait 1000 occasions de faire du grand n’importe quoi. Quelques sommets en vrac : la poignante introduction « Moonlight Nocturne », le thème de la librairie « Wood Carving Partita » ou encore la valse teintée de nostalgie « Dance Of Pales ».


Suite au succès commercial de cet épisode, Konami déclinera la fameuse formule dite « metroidvania » sur les portables de Nintendo. On retrouve donc 3 nouveaux épisodes sur Gameboy Advance (Circle of the Moon, Harmony of Dissonance & Aria of Sorrow), puis 3 autres sur DS (Dawn of Sorrow, Portrait of Ruin & Order of Ecclesia). Ces jeux sont plutôt bons et permettent de prolonger l’expérience malgré une technique inférieure au grand frère Symphony Of The Night.
 

COMMENT Y JOUER EN 2017?
Grâce à son statut culte, les possibilités ne manquent pas:
  • Sur Xbox One ou 360 dans la boutique en ligne Xbox Live Arcade (9,49€).
  • Sur Psp, Ps Vita ou Ps3 dans la partie Psone Classics de la boutique en ligne (9,99€).
  • Sur Android avec l’émulateur FPSE. Il est payant mais je le trouve très bien optimisé et stable.
  • Sur Pc, où l'on trouve une foule d’émulateurs gratuits et stables (n'oubliez pas de télécharger le BIOS).

POTENTIEL DE REJOUABILITÉ : 10/10
Hé oui, pas moins! Objectivement, ce Castlevania est toujours parfaitement rythmé et ne souffre pas des défauts propres aux jeux de cette époque. C’est beau, ça répond au poil et le challenge est parfaitement équilibré. Aucune raison de ne pas vous lancer dans l’aventure si vous n’avez pas encore joué à ce grand classique de l’action/rpg.